Les hommes bleus.

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Les altiers cavaliers du désert.

Avec la fin du nomadisme, disparaîtrait une grande tradition de l’humanité.  Robert MONTAGNE

Les Hommes Bleus, peuples du désert d’origine berbère, arabe ( les Aarib), négro-africaine ou métissée, peaux claires et peaux foncées  nomadisaient jadis dans tout le Sahara Occidental. D’amples robes bleues (la gandoura) rendent leur démarche élégante et ils s’entourent la tête d’un voile noir, le litham ou chèche, pour se protéger du soleil ou des tempêtes de sable. Des siècles durant, les Hommes Bleus contrôlèrent le commerce caravanier transaharien entre le Maroc et la boucle  du Niger. Comme celle des Touareg, leur société était très hierarchisée; il y avait des seigneurs, des serfs et les esclaves. Les Harratines que l’on rencontre encore dans la vallée du Drâa faisaient partie de cette dernière catégorie avant que l’esclavage fût aboli sous le protectorat.

La tribu Aarib.

Les arabes colonisèrent la région du Drâa moyen au milieu de XIe siècle, avec eux des tribus nomades, originaires du Yemen. Pour faire face à l’insécurité régnante elles s’organisèrent en confédérations tribales. Née de ces alliances, la tribu des Aarib s’implanta dans la région du Drâa moyen et fonda le village de M’ Hamid. Ce village devient un carrefour caravanier très important entre Marrakech, Tindouf et Tombouctou.

La langue sahraouie est l’Hassanya, issue de l’arabe ancien. Très différente du berbère, elle contribue à la cohésion des groupes ethniques. Actuellement les Aarib subsistent majoritairement au Maroc, dans la région du Drâa moyen entre Zagora et M’Hamid et dans la zone du Sahara Occidental, ainsi qu’au Mali.

La confédération est divisée en deux grands groupes, le GRADBA et le N’AMNA, eux même subdivisés en 4 tribus chacun.

Le groupe GRADBAcomprend les tribus:

  • OULAD BOUDEN
  • OIRAT
  • ZYOUD
  • M’RABTINE

Le groupe N’AMNA comprend les tribus:

  • L’GOISSEM
  • NOUAJI
  • LBADEIN
  • OULAD REZEG

Les nomades n’envisagent pas le désert comme un lieu d’errance et n’ont aucun goût pour les périples inutiles. Afin d’assurer la subsistance de leur troupeau, ils se déplacent toujours en direction d’un point défini ; puits, mare temporaire, lit d’oued humide, pâturage, oasis…

On assiste depuis les années 70 à une sédentarisation massive des pasteurs-nomades. Des années s’écoulent sans qu’il pleuve. Les températures estivales atteignent 50° C et en toute saison , les vents de sable provoquent un déssèchement progresssif. Beaucoup des anciens nomades se sont engagés dans les Forces Armées Royales. La sédentarisation ne fait pas disparaître l’organisation sociale tribale. Les hiérarchies socio-ethniques demeurent et les familles restent attachées aux modes de vie ancestraux. Les assemblées tribales se réunissent encore pour tenter de faire jouer, face à l’Etat, les arbitrages traditionnels. On voit également  de nombreux jeunes issus des tribus, Ali est de ceux -là, s’orienter vers l’organisation  de circuits touristiques qui leur permet, en reconstituant un troupeau de dromadaire, de conserver une identité d’éleveurs, de préserver des systèmes d’alliance, de se réapproprier un territoire, voire de bénéficier d’un retour de prestige: grâce aux revenus du tourisme, ils créent des associations de défense du nomadisme, construisent des puits dans le désert…




 
Mis à jour le 2 juillet 2009